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                                                                   1  guerre en cours : « Tu ne peux te figurer le froid
                                                                      qu’il fait ici la nuit […] On ne peut sortir sans se
DOULOUREUSES CORRESPONDANCES…                                         geler les pieds […] Nous avons bien un poêle
Plusieurs millions de lettres sont échangées                          dans la chambre mais on ne veut pas nous don-
chaque jour durant le conflit. La correspon-                          ner du bois ou du charbon », « Nous entendons
dance des poilus aborde différents thèmes : le                        le canon qui tonne furieusement entre Soissons
sentiment du devoir à accomplir qui laisse place                      et Reims ; il arrive constamment des blessés et
peu à peu à la résignation, le quotidien fait d’en-                   nous partons pour leur faire place », « Je serais
nui et de périodes de forte activité guerrière…                       content d’aller en Italie car les combats y sont
Les liens conservés avec l’arrière sont évoqués ;                     moins terribles et puis on verrait du pays ».
des conseils pour continuer à faire fonctionner                       En septembre 1918, Herman Douzon est affecté
l’exploitation agricole sont donnés. Le courrier                      au 4e Régiment d’Artillerie de Campagne, sur le
est avant tout un moyen de confirmer qu’on est                        front italien. Les conditions de vie y sont diffi-
en vie. Les soldats profitent de leur correspon-                      ciles : « La nourriture n’est pas en rapport avec le
dance pour rompre avec l’univers de guerre et se                      travail qu’il nous faut fournir ». Après l’armistice
recentrer sur l’essentiel : la famille et le « pays »,                du 11 novembre 1918, le rapatriement vers la
à l’arrière.                                                          France s’avère long et incertain. Le 16 avril 1919,
                                                                      toujours basé en Italie, Herman Douzon déses-
                                                                      père : « On dit que quelques-uns iront en Orient.
                                                                      Il ne peut rien m’arriver de plus désagréable
                                                                      […] Il ne manquerait plus qu’on m’expédie en
                                                                      Russie ». En juin 1919, il arrive finalement en can-
                                                                      tonnement à Châteauroux. Il témoigne de sa vie
                                                                      à la caserne dans ses derniers courriers.

                  Le soldat Herman Douzon, originaire de
                  Fongrave, s’engage en décembre 1917. De cette
                  date à novembre 1920, il écrit quotidiennement à
                  sa mère, depuis le dépôt ou le front. Chacune de
                  ses lettres compte plusieurs pages où se mêlent
10 récits de la vie quotidienne et réflexions sur la
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