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L’ENGAGEMENT
DES FEMMES

Même loin du front, la vie des villes et des vil-     en charge les blessés aux graves lésions ; on           13
lages du Grand Villeneuvois a pourtant été bou-       effectue un triage pour désencombrer le plus
leversée durant la guerre. Privées des bras des       possible les formations les plus avancées.
hommes pour le travail de la terre notamment,         Des soldats sont ainsi évacués vers l’HOE, hôpi-
les femmes sont contraintes d’ajouter aux tâches      tal origine étape. C’est une unité intermédiaire,
qu’elles effectuaient déjà, celles qu’accomplis-      entre l’avant et l’arrière, pourvue d’infrastruc-
saient leurs maris. Elles s’engagent ainsi sur bien   tures plus complètes que les formations chirur-
des fronts comme la gestion de l’exploitation         gicales du front. Les hommes intransportables
agricole, le travail à l’usine ou encore la parti-    sur de longues distances y sont opérés ; ceux
cipation aux unités sanitaires. Nombre d’entre        qui devront repartir au front y sont hospitalisés.
elles se mobilisent pour accueillir et soigner les    Enfin, on prépare, depuis l’HOE, les évacuations
blessés. Dès août 1914, des hôpitaux provisoires      vers l’arrière par trains sanitaires.
sont en effet mis en place en Lot-et-Garonne.
                                                      MOBILISÉES POUR SOIGNER
BLESSURES DE GUERRE                                   Les femmes occupent un rôle majeur dans les
La brutalité infligée aux corps des combattants       unités sanitaires. En 1918, elles sont ainsi près
durant la Première Guerre mondiale est sans           de 100 000 infirmières à pratiquer les soins aux
précédent. Les traumatismes provoqués par             blessés, dont 70 000 bénévoles. À l’arrière, elles
l’armement moderne sont effroyables : membres         œuvrent dans différents types d’établissements :
broyés, visages « détruits », corps dilacérés. Cette  hôpitaux dits temporaires ou complémentaires,
violence inouïe bouleverse le monde médical.          hôpitaux auxiliaires et hôpitaux bénévoles.
Jamais de telles blessures, avec une pareille fré-
quence, n’avaient été observées. Des questions        À Villeneuve-sur-Lot, le collège de jeunes filles
nouvelles se posent quant aux soins et à leur         - ancien Couvent de la Croix, actuel Hôtel de
organisation.                                         Ville - devient l’hôpital n°39. Hôpital complé-
Durant les premiers mois du conflit, au vu des        mentaire, directement géré par le service de
conditions de prise en charge des blessés, les        santé militaire, il accueillera entre 190 et 450 lits.
chirurgiens du front s’abstiennent d’intervenir       Transféré en août 1917 à la caserne Belzunce, il
sur les atteintes corporelles au crâne, au ventre     compte deux annexes : l’une à Villeneuve-sur-
et au thorax en particulier. La réorganisation du     Lot, la Maison Leygues, dotée de 60 lits ; l’autre
système de santé est donc plus que nécessaire.        à Sainte-Livrade-sur-Lot. La fermeture de ces
Elle se met en place progressivement, une fois        structures s’effectue entre décembre 1918 et
la guerre de position engagée, fin 1914. Des for-     avril 1919.
mations sanitaires mieux équipées et proches du       Les femmes engagées dans les hôpitaux sont
champ de bataille sont installées pour prendre        particulièrement remerciées pour leur dévoue-
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